Temps d’Avent, temps des crèches !

il y a ce besoin de nous rappeler cette vie rurale qui fut encore celle de nos grands-parents


 

Si le temps de Noël prend une résonance particulière en Provence, plus chaleureux, plus convivial encore qu’ailleurs, peut-être faut-il y voir le fait que nos paysages ne sont probablement pas trop différents de la Palestine d’hier : nous nous sentons comme en proximité avec ses pierres sèches, ses rocailles et ses oliviers. Dans la passion des crèches que nous sommes nombreux à partager, y compris parmi ceux qui se sont détournés de la foi, il y a ce besoin de nous rappeler cette vie rurale qui fut encore celle de nos grands-parents : nous sentons à regret couler dans nos veines les délices idéalisés de sa simplicité, de ses amitiés nourries d’accent et de parler haut, de ses disputes vite oubliées. Elles sont tout cela nos crèches, où l’enfant qui vient de naître devient l ’enfant de tout un village, invitant chacun à oublier les difficultés de sa vie, ses rancœurs, ses chamailleries et ses critiques faciles. Quant aux mages et leurs chameaux, leur survenue, au cœur d’un village provençal, nous offre l’ouverture sur le monde et souligne pleinement l’universalité du mystère de Dieu.
Il y a quelques semaines, je faisais part au Père Stéphane-Jacques de mon intention de présenter à Rochegude, le 15 décembre, une petite pastorale dans le cadre du Noël des associations, ce qu’il a accepté volontiers et je l’en remercie.
Certes, ce Noël n’a, à priori, aucun fondement religieux puisqu’il consiste en un modeste marché du même nom et son incontournable arrivée du Père Noël, mais il a le mérite de faire se rencontrer des personnes, des familles qui en ont peu l’occasion et cela dans un cadre tout à la fois festif et bon enfant, donnant même à certains la joie de montrer leurs dons d’artistes insoupçonnés. N’est-ce pas là déjà une très bonne chose, propre à favoriser ce « vivre ensemble » dont on se réclame si souvent mais, ô combien difficile à concrétiser dans notre quotidien. Cependant, nous chrétiens, avons le devoir de rappeler à chacun l’essence même de cette fête, à savoir la naissance du Messie, incarné en un petit enfant juif, né à Bethléem voici plus de deux mille ans. La pastorale vient nous le rappeler en donnant vie à nos santons, crèche vivante où les hommes n’y sont point pétris de glaise mais de leur vie de sans-grade, accueillant, comme le leur, un enfant Dieu, image de pauvreté et de dénuement, mais aussi de l’étranger sollicitant un accueil compréhensif que nous, femmes et hommes d’aujourd’hui avons tant de mal à accorder.
Joël Boyer - Rochegude






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