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St Restitut et son église

réalisé par FONTAINE Séverine


 

D’après une très curieuse légende du saint, conservée par deux manuscrits du XVe siècle - elle a le charme et l’anachronisme de la légende dorée - voici les origines de l’église de Saint-Restitut : « l’évêque de Trois-Châteaux avait multiplié les merveilles parmi son peuple. Or il apprit que, sur la montagne, à Longueville, beaucoup ne croyait pas au Christ. Il y alla et triompha de l’incrédulité en restituant un oeil à un pauvre homme, et resta là, prêchant, confessant, pendant de longues années, comme s’il y avait son siège épiscopal. Il y édifia une église en l’honneur de la vierge. Prés de celle-ci coulait une fontaine semblable à celle de Siloé où ses yeux avaient vu. Des foules de malades, qui s’y lavaient les yeux, étaient guéris. Puis, Restitut décida de bâtir une autre église reliée à l’église de la vierge : CONJUNCTAMQUE COLLATERATAM ; il en traça, lui-même, les dimensions. Après bien des jours, il entreprit un dévot pèlerinage à Rome. Chemin faisant, il convertit la ville entière d’Albe et il y mourut. Il avait prescrit à ses serviteurs de ramener son corps en Gaule et de lui donner la sépulture non loin de sa ville épiscopale, à l’orient, là où il avait ordonné de construire une église et marqué les dimensions qu’elle aurait. Ce qui eut lieu. Le corps du saint fût inhumé dans l’église qu’il n’avait pu achever de son vivant et que, mort, il termina au milieu du resplendissement des miracles ». Ainsi, à la fin du Moyen Age, on expliquait par ce texte l’histoire du village et par là même on datait l’église et la tour de Saint-Restitut. La fontaine aurait, dès le haut Moyen Age, attiré des pèlerins.

Nous avons des renseignements plus historiques sur l’église. La date de 1249 marquant l’édification de son tombeau. La présence, vraisemblablement, des sculpteurs du chantier de la nef de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux, donne à attribuer la construction de l’abside au dernier tiers ou quart du XIIe siècle, et établit l’antériorité relative des diverses étapes d’édification de la nef. Dans l’escalier, nous lisons une fois : MAISTER ; ce qui désigne sans doute le « maître d’œuvre », prédécesseur probable de « maître » Giraud de Clermont qui, en 1249, édifia le tombeau de Saint-Restitut. Nous avons également un autre manuscrit sur le saint datant du XIe siècle, conservé à la bibliothèque nationale. Enfin deux inscriptions, la première trouvée en nivelant la place de l’église - ancien cimetière - et encastrée sur les parois intérieures du porche, rappellent des obits ou fondations de messes. Celle à gauche du chapiteau à têtes barbues marque l’obit du prêtre Arnaud ; elle pourrait être du XIe siècle, et à droite l’obit du chevalier Ricard. La deuxième inscription, des plus importantes, avait été découverte en 1844 parmi les décombres du tombeau du saint. C’est une plaque de marbre blanc, malheureusement mutilée, portant la date de 549 mentionnant la mort d’un enfant régénéré par l’eau du baptême. Par conséquent, au milieu du VIe siècle une église existait. Mais elle fut probablement détruite.


Vous pouvez retrouver les détails de la présentation en lisant l’étude

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