PAQUES

Le tombeau où le corps de Jésus fut déposé est vide


 

Rien ! Nada ! Nothing ! Niente ! Kein ding ! Rien ! Le tombeau est vide. Il n’y a plus rien, plus personne. Quelle ne fut pas la stupeur des disciples, accourus au tombeau, à l’annonce de la Résurrection. Le tombeau où le corps de Jésus fut déposé est vide. Rien ? Vide ? Peut-être pas. Passé leur sidération, les deux disciples sont entrés dans le tombeau et y ont découvert quelques indices. Quelques indices qui témoignent que le corps fut enlevé. Par qui ? Comment ? Ils n’en savent encore rien. Et, cependant, cette absence, ce « rien », ce « vide du tombeau », sont déjà pour eux un signe. Paradoxale, certes, mais un signe toutefois. Un signe qui en appelle à leur foi. Et si Jésus avait dit vrai ? Et s’il était ressuscité comme il l’avait annoncé ? Pour étayer leur conviction il y a là le linge qui recouvrait le corps du supplicié descendu de la croix, la pierre roulée du tombeau, mais surtout, il y a le témoignage des femmes venues les premières au tombeau. Des femmes qui affirment que des anges leurs sont apparus et qui leurs ont annoncé ce qu’elles ne parvenaient pas à saisir et à croire. Jésus est ressuscité. Il est sorti vivant du tombeau. Devant ces signes, ces témoignages, les disciples peinent encore à croire. Ils leurs faudra attendre l’évènement de la rencontre avec le Ressuscité pour que s’affermisse leur foi. Ayant reçu du Christ ressuscité la force de l’Esprit à Pentecôte, ils deviendront, à leur tour, des témoins, des disciples, non plus, seulement, de Jésus parcourant les chemins de Judée et de Galilée, mais des témoins, pour le monde, de la Bonne Nouvelle de la Résurrection, des témoins du caractère universel de l’évangile pour tous les hommes.
Aujourd’hui, nous sommes placés, nous aussi, devant le tombeau vide. La pierre a été enlevée. Le tombeau est ouvert, ouvert à notre contemplation, ouvert à notre interrogation. Et ce tombeau vide en appel toujours et encore à notre foi. La pierre du tombeau est restée ainsi non pour permettre à Jésus de sortir mais pour nous permettre d’y entrer et d’en ressortir vivants et illuminés par la lumière du matin de Pâques après avoir confronté le mystère de la mort.
C’est tout le sens de notre baptême qui est ainsi décrit dans cet évangile de la résurrection.
Au jour de notre baptême, en effet, nous avons été plongés dans la mort avec le Christ pour ressusciter avec lui. Pour renaître et sortir du tombeau pour vivre dès à présent, et dès ici bas, de notre résurrection à venir.
Alors, en ce jour de Pâques, et tout au long du long temps pascal, ne craignons pas de monter au tombeau avec les premiers témoins de la résurrection. Ne craignons pas de nous confronter au mystère de la mort. Au tombeau vide ils ont rencontré le Christ ressuscité et cette rencontre a bouleversé leur existence. Avec eux nous n’aurons d’autre signe que celui du tombeau vide et ouvert. Il ne nous restera alors plus qu’à attendre, plus qu’à espérer, faire, à notre tour, l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité. L’Accueillir, comme il convient dans la rencontre avec nos frères en humanité. Etonnante attitude que celle qui consiste à accueillir celui à qui je suis appelé à témoigner de ma foi comme Celui qui EST non le destinataire, l’objet, mais le sujet de ma foi pour vivre et marcher avec lui sur les chemins de la vie. Rencontrer le Ressuscité dans la rencontre avec le frère, comme dans la célébration des sacrements, c’est cela que l’on doit appeler la foi. Une rencontre qui fera de nous des témoins de l’évangile dans notre paroisse du Tricastin et partout où le Seigneur nous enverra dans la joie et la force de son Esprit.

Père Stéphane-Jacques Ruchon,
curé de la paroisse saint Marcellin Champagnat en Tricastin






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