Nous sommes venus l’adorer.

Et c’est tout en bas de ce chemin qu’ils trouveront l’enfant.


 

« Nous sommes venus l’adorer ! » (Mt. 2, 2). C’est par ces quelques mots que les mages, venus de l’Orient lointain, s’adressèrent à Hérode pour lui demander où se trouvait le « Roi des juifs » qui venait de naître. Des païens, férus d’astrologie, s’adressant au pouvoir politique pour se rendre auprès de l’enfant Dieu ! En ces temps où la présence de crèches de Noël dans l’espace publique fait polémique, le récit de l’Epiphanie, tel que nous le rapporte l’évangéliste Matthieu, pourrait faire sourire.
Il nous rappelle surtout que les « chemins » qui nous mènent à Dieu sont bien souvent surprenants et inattendus. En naissant dans le dénuement et l’humilité la plus extrême, Dieu nous invite à venir à sa rencontre par des chemins divers et variés. Des chemins qui nous emmèneront à réaliser un grand déplacement, un véritable exode, tant dans notre conception que dans notre attente de Dieu. Et ces chemins sont quelquefois bien déroutants. Les mages ont vu « se lever une étoile dans le ciel » et c’est pourtant dans une sombre et humble étable qu’ils trouveront l’enfant-Dieu couché dans une mangeoire !
Une scène du film « l’Evangile selon saint Matthieu » de Paulo Pasolini illustre parfaitement cette idée. Pour venir adorer l’enfant, pour venir jusqu’à lui, on voit les mages emprunter longuement un chemin en lacets qui ne cesse de descendre.
Et c’est tout en bas de ce chemin qu’ils trouveront l’enfant.
Au départ, on ne voit que leurs riches tenues et tout l’apparat de leur caravane. Le contraste est d’autant plus grand quand on découvre enfin la sainte famille dans l’obscurité d’une humble étable. Soudain on ne voit plus que des visages, filmés en gros plan. Désormais, il n’y a plus que l’Homme, l’Humanité et Dieu. Un face à face, d’homme à homme, entre l’humanité et Dieu qui se donne à contempler sur un visage d’homme. Lorsque, à la suite de Marie, l’enfant-Dieu pose à son tour son regard sur ces hommes, leur face est comme illuminée, transfigurée. L’Epiphanie, la manifestation de Dieu à l’Humanité toute entière, est, aussi, « Epiphanie de l’Humanité », désormais transfigurée par la présence de Dieu fait homme. Dieu se donne, désormais à adorer et à rencontrer sur le visage de son prochain. « Adorer », se « prosterner » devant le Seigneur, c’est reconnaître qu’Il est toujours là où l’on ne l’attend pas. d’Aujourd’hui. C’est là qu’Il nous attend !

C’est accepter d’aller à Lui en allant auprès des plus humbles, des plus petits, car c’est là que nous serons sûrs de le trouver. C’est là qu’Il nous attend comme Il nous attend dans la célébration de ses sacrements et dans la prière. Qu’en cette année qui commence nous puissions aller à la rencontre de Dieu par les chemins de rencontre avec les humbles et les petits, auprès de tous ceux qui l’ignorent où qui sont indifférents à la Bonne Nouvelle du Présent de Dieu dans la vie des hommes .

Qu’en cette année qui commence, nous puissions aller à la rencontre de Dieu par les chemins de la rencontre avec les humbles et les petits, auprès de tous ceux qui l’ignorent ou qui sont indifférents à la Bonne Nouvelle du présent de Dieu dans la vie des hommes d’aujourd’hui. C’est là qu’Il nous attend !

Sainte et heureuse année à tous !

Stéphane-Jacques RUCHON, curé
de la paroisse Saint Marcellin Champagnat en Tricastin






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