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En route avec St Joseph
 

Un saint pour aujourd’hui

Saint Joseph se trouve aux antipodes du monde dans lequel nous nous trouvons :
Joseph est un homme silencieux, alors que nous vivons dans un monde bavard, bruyant et qui fuit le silence, car le silence le renvoie à ses peurs et à ses angoisses.

Joseph est un homme pauvre, alors que nous vivons dans un contexte d’exaltation de l’argent - comme si l’argent pouvait pallier notre manque d’être par la possession des richesses -, et en cultivant des besoins artificiels.

Joseph est un homme chaste alors que nous évoluons dans un environnement médiatique marqué par l’érotisation et le sensualisme. Se servir de l’autre au profit de ses envies et de ses caprices.

Joseph est un homme fidèle, alors que notre culture a peur de l’engagement dans la durée.


Qui est Joseph ?

Joseph, en hébreu, signifie « le rassembleur », celui qui ajoute, celui qui augmente, celui au contact de qui on grandit.
Joseph « ben Yacob » est un homme juste (Mt 1,19). « Juste » en hébreu se traduit par le mot « Tsadiq » qui désigne un homme intègre, un modèle d’adhésion à Dieu, et qui exerce autour de lui une influence religieuse.
Joseph est charpentier (Mc 6,3), « tek ton » en grec. Il exerce un métier à la fois de menuisier, de maître constructeur, d’architecte. C’est un ouvrier qualifié, connaissant les métiers du bois : l’équarrissage des poutres, la fabrication des jougs, des flèches d’attelage, des aiguillons, des coffres, des sièges, des lits, des pétrins et tout le mobilier de la synagogue. Charpentier est un métier considéré. De nombreuses corporations de charpentiers ont collaboré à la construction du Temple de Jérusalem. Comme tout artisan, Joseph doit apprendre le métier à son fils.

Un exemple de paternité

Joseph est le père nourricier de Jésus, son père adoptif. « Le Verbe s’est fait ’juif’ » et Joseph doit apprendre la judaïté, en quelque sorte, à son fils, engendrer l’humanité de Jésus à la Tora, mettre au monde Jésus à l’histoire d’Israël, à la pratique des coutumes liturgiques et éthiques qui constituent la vie du peuple d’Israël. Joseph est comme tout père de famille le transmetteur d’un savoir, le cultivateur de la mémoire de son enfant, l’artisan de son inculturation.

La fonction paternelle n’est pas innée. On est d’abord fils, on devient père, plus tard. Eduquer, ne serait-ce pas apprendre à un fils à être fils, afin qu’il ait des chances de devenir père, plus tard ? On pourrait ainsi comprendre, au sens pédagogique, cette parole de Jésus : « Nul ne va au Père, si ce n’est par le Fils » (Jn 14,6)

Etre père, c’est apporter l’autorité, la loi, le sens de la limite, de la séparation, à la différence de la communion « fusionnelle » avec la mère.
Etre père, c’est exercer la vraie autorité qui se définit par l’acte de donner croissance et vie à celui qui nous est confié. Autorité, au sens étymologique, « aurere », c’est faire grandir.

Monseigneur Dominique Rey
Evêque de Fréjus-Toulon
Extrait de www.christicity.com


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